Le lapin de garenne : un petit gibier emblématique en nette régression.
Quelles actions pour l’avenir ?
Le lapin de garenne occupe une place particulière dans le paysage cynégétique français. Espèce autrefois abondante, symbole des plaines et des garennes traditionnelles, il a longtemps constitué un pilier du petit gibier pour de nombreuses sociétés de chasse. Pourtant, depuis plusieurs années consécutives, les observations de terrain confirment une réalité préoccupante : la population de lapins de garenne est en nette diminution dans de nombreuses régions.

Une régression multifactorielle
La baisse des effectifs ne s’explique pas par un seul facteur, mais par un ensemble de pressions :
- La dégradation ou la disparition des habitats naturels (friches, talus, haies, zones de gîte).
- L’intensification agricole réduisant les zones refuge.
- Les maladies virales récurrentes (VHD, myxomatose), qui frappent parfois très brutalement.
- La prédation accrue dans certains territoires.
- La fragmentation des milieux, limitant la dispersion des individus.
Ces phénomènes cumulés rendent plus difficile une reconstitution naturelle des populations, d’où le besoin croissant d’une action concertée entre chasseurs, agriculteurs et gestionnaires de territoire.
Un questionnement nécessaire pour la gestion cynégétique
Face à cette diminution durable, il devient essentiel de repenser notre stratégie de gestion du lapin de garenne. Plusieurs sociétés de chasse s’interrogent aujourd’hui sur la pertinence de poursuivre les prélèvements ou de redéfinir leurs quotas. D’autres envisagent déjà des actions de conservation et de soutien à la population.
Parmi les pistes les plus discutées :
1. Organiser un repeuplement raisonné
Le repeuplement peut être envisagé, mais uniquement sous certaines conditions : qualité sanitaire des individus relâchés, choix d’un territoire adapté et gestion rigoureuse lors de l’introduction. L’objectif n’est pas de « remplir » artificiellement un territoire, mais de redonner une dynamique viable à un noyau reproducteur.
2. Sélectionner et restaurer les habitats favorables
Le lapin de garenne a besoin d’un environnement bien particulier : sols meubles pour creuser, zones de couvert végétal, diversité alimentaire. Travailler sur l’habitat, c’est assurer :
- la création ou restauration de garennes artificielles,
- la gestion des friches,
- l’implantation de haies,
- la protection des zones de tranquillité.
Sans habitat de qualité, aucun repeuplement ne sera durable.
3. Déplacer des individus depuis des zones en surpopulation
Dans certaines régions ou communes, la situation est inverse : le lapin peut être localement en forte densité, parfois au point de causer des dégâts agricoles. Le déplacement d’individus issus de ces secteurs (par piégeage, furetage ou capture nocturne) constitue une alternative intéressante. Cela permet à la fois de réduire les dégâts là où la pression est forte, tout en renforçant des territoires où la population est en déclin.
Naturellement, ces opérations nécessitent un encadrement strict, le respect des règles sanitaires et une bonne coordination entre détenteurs de terrains, sociétés de chasse et services administratifs.
Vers une gestion durable et responsable
Le lapin de garenne reste une espèce emblématique dont la présence contribue à l’équilibre des écosystèmes et à la richesse du patrimoine cynégétique. Face à son déclin, la responsabilité des sociétés de chasse est déterminante.
Adopter une gestion proactive, axée sur la restauration des habitats, le soutien des populations et une réflexion sur les prélèvements, permettra peut-être de retrouver des garennes vivantes et une présence durable du lapin dans nos territoires.


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